La fée vous propose un petit vrai ou faux que vous pourrez retrouver dans le magazine « Parents » du mois d’avril. Huit idées reçus sur le développement social de votre bébé.
La socialisation passe par de grandes étapes.

VRAI : Vers un an, l’enfant commence à marcher. Il peut partir à la découverte de l’espace qui l’entoure. Cette mobilité lui permet d’entrer volontairement dans la socialisation. C’est lui qui décide d’aller à la rencontre de l’autre. Il s’agit alors pour votre bébé d’une phase de double découverte : celle du monde et celle de ses propres potentialités, qu’il met lui-même en scène.
Entre 18 et 24 mois, arrivent une autre révolution : votre bébé commence à parler et à apprendre le langage. Jusqu’alors, l’enfant mettait en place ses perceptions sur un mode sensitif. Il peut désormais penser et mettre en mots son environnement et ses actes. Il se rend compte de ce qu’il peut et sait faire. Et il comprend qu’il a la capacité d’agir sur le monde qui l’entoure.
Filles ou garçons : il n’y a pas vraiment de différence !
FAUX : le sexe conditionne en partie l’entrée dans la socialisation. Les filles investissent en général plus vite le langage, les apprentissages, la relation à l’autre. « Les petits garçons, eux, ne sont pas aidés dans leur expérience du monde parce qu’ils ont entre les jambes » rappelle Patrick Ben Soussan (pédopsychiatre). « Ils consacrent davantage de leur temps à dépasser cette relation que l’on dit oedipienne, ils vont toujours vouloir vérifier leur intégrité, s’assurer de leur puissance, voir de leur pouvoir. Tout cela leur coûte beaucoup en fin de compte… »
Avant 3 ans, trop jeune pour apprendre la politesse.
FAUX : Evidemment, il ne sert à rien d’exiger d’un enfant qui parle à peine qu’il dise « bonjour » ou « merci ». Mais l’apprentissage de la politesse ne passe pas uniquement par des injonctions adressées directement à l’enfant. Dès sa naissance, il est témoin des messages transmis par son entourage. Avant même l’acquisition du langage, avant même de pouvoir comprendre et restituer des règles de vie, l’enfant en fait l’expérience dans son environnement proche, dans les interactions familiales auxquelles il assiste.

Les jumeaux ont une socialisation plus difficile que les autres.

VRAI ET FAUX : Les jumeaux passent par des phases de développement spécifique. D’abord, une période fusionnelle, jusqu’à 2 ans, puis une période de complémentarité de 2 à 4 ans et enfin une période d’autonomie vers 6 ans. La plupart des jumeaux, vrais ou faux, franchissent sans difficulté ces étapes, mais leurs parents ont un rôle très important à jouer. Il n’est pas question de « dégémilliser » mais plutôt favoriser l’individualité des bébés jumeaux. Les parents doivent privilégier des vêtements différents, si possible des chambres individuelles et être attentifs au fait de ne pas toujours comparer l’un des jumeaux à l’autre, comme si l’un servait de repère d’«étalon » à tous les faits et gestes de l’autres.
Elle hurle quand on lui prend son jouet. Elle n’est pas prêteuse !

FAUX : Pour un très jeune enfant, le jouet ne revêt pas la même signification que pour un regard adulte. Ce jouet qu’il tient dans la main est une continuité de son corps. Lorsqu’on lui le prend, il s’imagine qu’on lui arrache le bras. Alors, en toute logique, elle hurle ! Ce n’est qu’au fur et à mesure qu’il va distinguer les limites de son corps et le monde extérieur, qu’il va découvrir l’altérité, le don, le partage.

Le caractère est inné : leader à 12 mois, leader toujours !
FAUX : Dès les premiers mois, les enfants manifestent des tempéraments. Très vite se distinguent les timides, les extravertis, les bougons. Ces tempéraments, qui ne sont pas encore des caractères affirmés, prennent racine dans des dispositifs internes propres et sont, en partie, d’origine génétique. Mais tout n’est pas inné dans le caractère, tout ne se joue pas dans les premières années.

Le respect des règles socialise les enfants.
VRAI : À partir de 12mois jusqu’à 18 mois, les enfants apprennent, en crèche, chez la nounou ou à la maison, des règles simples mais structurantes. Ils aident à mettre la table, savent qu’ils vont manger à tour de rôle et qu’il leur faut attendre, qu’ils peuvent monter sur le toboggan, mais pas sur un autre enfant, qu’il faut ranger un jeu avant d’en sortir un autre …

Les activités extra-scolaires enseignent la vie en groupe.
VRAI : Les activités extra-scolaires (sport, jeux, musique) permettent à l’enfant de nouer des relations d’amitié et surtout de se confronter aux règles des groupes qui l’accueillent : jouer à tour de rôle, respecter le corps de l’autre, écouter ses camarades et parfois même se mettre au diapason avec eux pour créer ensemble.
On pense souvent que les sports d’équipes sont idéaux pour développer la solidarité et l’esprit d’entraide. Or, « ce qui compte vraiment dans ces pratiques, c’est de battre les autres » précise Alexandre Oboeuf (docteur en sociologie). « Entre 3 et 6 ans, l’important c’est plutôt de développer la motricité et la créativité. Et on peut aussi créer des amitiés en construisant une cabane ou en pratiquant la danse. »
Article issu du magazine Parents – Avril 2012
Dossier spécial : Comment le goût des autres vient aux bébés ?